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Publié par Yann Leray

 

Ne vous y trompez pas ! L’alchimie n’est en aucune manière une proto-chimie de nos aïeux, mais bien un art. Et quel Art, puisqu’il se nomme le Grand Art.

Alors, si ce n’est pas une science, mais un art, qu’est-ce donc que cette alchimie qui fit tourner la tête à bien des personnes ?

L’alchimie a pour but la transmutation des matières viles en matière noble. Ne disons-nous pas communément : transmuter le plomb en or ?

 

Je vous livre ici le premier secret de l’alchimie : il n’est pas question de transformer un métal en un autre, mais par une représentation symbolique transmuter une matière ténébreuse en lumière. Or ou Aor en Hébreux signifie Lumière Amour.

Car transformer, c’est changer la forme, transmuter, c’est abandonner la forme pour changer de plan.

Ainsi l’alchimie est un labeur où l’alchimiste travaille avec la matière pour retrouver la lumière en lui-même. Comme l’apôtre Thomas mit sa main dans la plaie du Christ, l’alchimiste met les mains dans la matière pour réaliser le Grand Œuvre de la Nature en la singeant afin de libérer en lui un espace sans doute et fausses croyances, mais remplit de Lumière et de foi.

 

L’alchimie fait partie d’un tout appelé Hermétisme, qui est un ensemble de doctrine ésotérique qui constitue la révélation d’Hermès Trismégiste contenu dans différents livres, comme le Corpus Hermeticum.

Elles traitent de médecines, d’alchimie, d’histoire naturelle, de philosophie.

Ces écrits sont regardés comme des extraits des doctrines secrètes des prêtres de Memphis et de Saïs.

En général, on retrouve dans la philosophie hermétique le fond de la doctrine de Platon et de Plotin, mêlé aux mystères des Égyptiens, à la mythologie des Grecs, et même à certaines traditions juives et chrétiennes.

L'hermétisme apporte les principes des relations intimes, des correspondances mystérieuses entre toutes les portions de l'univers visible et invisible.

Il embrasse la théorie et la pratique de tous les phénomènes de la vie universelle, et a servi de socle, selon la qualité de ses adeptes, non seulement à l'alchimie à laquelle il est intimement lié, mais aussi à l'occultisme, à l'ésotérisme, à la magie, à l'astrologie, et bien d’autres disciplines.

 

À la base de la théorie Hermétique, on trouve une grande loi : l'Unité de la Matière : TOUT EST EN TOUT !

La Matière est une, mais elle peut prendre diverses formes et sous ces formes nouvelles se combiner à elle-même et produire de nouveaux corps en nombre indéfini. Cette matière première était encore appelée semence, chaos, substance universelle. Sans entrer dans plus de détails, Basile Valentin pose en principe l'unité de la matière. « Toutes choses viennent d'une même semence, elles ont toutes été à l'origine enfantées par la même mère ».

Cette loi des substances nous informe que toutes matières ou manifestations se différencient d'abord en soufre et en mercure, et ces deux principes s'unissant en diverses proportions forment tous les corps. « Tout se compose de matières sulfureuses et mercurielles » dit l'Anonyme chrétien, alchimiste grec.

Plus tard on ajouta un troisième principe le sel ou arsenic, mais sans lui donner autant d'importance qu'au soufre et au mercure.

Mais attention, ici encore tout est symbole : ces trois principes ne désignent en aucune façon des corps vulgaires.

Ils représentent certaines qualités de la matière par analogie.

Le Soufre, le Mercure et le Sel ne sont donc que des abstractions pour désigner un ensemble de propriétés, sans oublier qu’ils dérivent de la Matière première : « O merveille, le Soufre, le Mercure et le Sel me font voir trois substances en une seule matière » nous confiait Marc Antonio.

 

Mais entrons dans le vif de notre sujet et voyons de près ce ternaire alchimique :

La représentation des trois principes (sel, soufre et mercure) est à mettre en parallèle avec la représentation ternaire de l’homme : corps, âme et esprit. Corpus, Animus et Spiritus.

 

Le Mercure :

Il représente l’élément volatil, la substance où le subtil domine.

C’est un principe dit froid et de nature féminine.

Il est ainsi passif par nature, mais actif par sa mobilité.

On peut considérer que tous les fluides présents dans l’univers (pluie, rosée), y compris les fluides vitaux de l’organisme humain, en sont une expression.

Dans les végétaux, le Mercure constitue la partie subtile de la plante comme son parfum. On peut aussi dire que l’alcool fait à partir d’une plante est de nature mercuriel.

Le mercure purifié est incolore et transparent.

De façon globale, le mercure est l’information ou le porteur d’information. On peut le rapprocher de la notion du Spiritus. Ne dit-on pas que les alcools sont des spiritueux ?...

 

Le Soufre :

Il représente le feu enclos dans les choses. Le feu qui ensemence.

C’est un principe masculin.

Il est comme une graine d’énergie qui pénètre toutes formes, car contenant en lui une parcelle de l’énergie première de la création.

Il est l’information en action.

Dans sa manifestation c’est le composé où la chaleur prédomine.

Il peut apparaître comme une substance oléagineuse et grasse qui s’enflamme facilement. Ce qui brûle est Soufre.

Dans les végétaux, il apparaît sous forme d’essence, d’huile, de résine, de sève. L’huile essentielle peut en être sa représentation.

Le souffre purifié nous offre une magnifique couleur rouge.

De façon globale, le Soufre est l’Énergie à l’œuvre dans la création. On peut le rapprocher de l’Animus.

 

Le Sel :

Au sens strict, le Sel n’est pas un principe, mais une conséquence de l’union du Soufre et du Mercure. Ce qui explique pourquoi les auteurs antérieurs à Paracelse le passent sous silence ou le désignent sous le nom « d’arsenic ».

C’est le matériau solide qui soutient, qui donne la fixité.

C’est le principe dans lequel la sécheresse et l’aridité dominent.

Le Sel se présente à nous en corps secs et friables qu’il est aisé de mettre en poudre.

Il épaissit le Mercure qui le dissout et il fixe le Soufre.

Il est le principe de la conservation et s’oppose à la corruption.

Il est incombustible et se purifie par le feu. Et à ce titre je vous invite à repenser à l’abréviation INRI : Igne Natura Renovatur Integra, toute la nature est renouvelée par le feu.

Le Sel purifié est d’un blanc virginal.

De façon globale le Sel scelle et il est la forme donnée à une énergie par l’apport de l’information. On peut le rapprocher du Corpus.

 

Riche de ces informations nous pouvons percevoir bien des potentiels qui s’offrent à nous.
Comme tout principe ternaire est créateur, comme le feu est engendré par un carburant, un comburant et une énergie ; comme l’univers est constitué d’espace, de temps et de matière, le ternaire alchimique nous ouvre la voie de la création, le Grand Œuvre de la Nature.

Ainsi pour changer la forme d’un corps et le porter à sa magnificence et donc, quelque part, parfaire l’œuvre de la création, il ne nous est plus nécessaire de faire appel au CERN et sont accélérateur de particules. Il nous faut simplement ouvrir la matière sans en changer sa nature pour séparer ses principes et en les purifiant, puis en les rassemblant nous obtiendrons de l’or. Oui, car c’est bien la couleur que l’on obtient avec toute matière transmutée par le Grand Art, car elle est l’expression de la Vraie Lumière.

Mais comme nous disait Paracelse, "nul ne peut transmuter s’il ne s’est transmuté lui-même".

La Tradition Hermétique nous invite à cet ouvrage en nous même afin de réaliser le Grand Oeuvre spirituel, appelé Art Royal.

 

Yann Leray

09/07/2022

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O
Merci Yann pour ce résumé précis et essentiel.<br /> Olivier
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